Canon 35mm Tilt Shift 2.8

Si vous avez lu mon article sur les objectifs, vous vous doutez que je vais vous parler du célèbre objectif tilt shift de Canon. J’ai découvert l’existence de ce type d’objectif en constatant avec surprise qu’un photographe obtenait des effets de flou comme avec une chambre mais avec un argentique 35mm. Je ne comprenais pas comment produire un tel effet avec un appareil classique. C’est ainsi qu’on m’a expliqué qu’il existait des objectifs tilt shift… je sens qu’il va aussi vous falloir des explications…

Canon TS 35mm 2.8
Canon TS 35mm 2.8
Canon TS 35mm 2.8

Tilt Shift ?

En 1973, Canon crée le 1er objectif 35mm Tilt Shift 2.8 ! 35mm, c’est donc un grand angle. L’ouverture maximale à 2.8 est aussi séduisante. Mais tilt shift ? Cela signifie que cet objectif doit servir pour les photographies d’architecture. En effet, la perspective des bâtiments est déformée par les objectifs grand angle. Cette fonction tilt shift permet de corriger ce défaut et d’obtenir des immeubles droits !
L’objectif a deux molettes : une qui déplace l’objectif verticalement et l’autre qui le désaxe horizontalement.

Molette d’inclinaison verticale
Molette pour désaxer horizontalement

De l’architecture au flou artistique

Si l’objectif était destiné aux photographies d’architecture, il a vite servi à d’autres types de photos, plus artistiques. Cet objectif permet un effet appelé miniaturisation. On obtient une bande de netteté verticale ou horizontale, le reste est flou. La photo suivante, à défaut d’être réussie, doit clarifier mon flou explicatif !

Au milieu de tous ces branchages qui bloquent le chemin et la vue, j’ai fait la mise au point sur la cassure de l’arbre. On voit bien la bande horizontale de netteté permise par l’objectif.

Ici la bande de netteté est verticale. Les effets du tilt shift me permettent d’isoler cet arbre du reste du groupe.

L’objectif indispensable

Avant de déclencher, j’ai tendance à voir mes photos avec une faible zone de netteté. Avec la Graflex, je donne donc plein de mouvements au soufflet pour obtenir cette zone de netteté. Mais, se déplacer en forêt avec une Graflex n’est pas toujours de tout repos. Et l’installation pour prendre la photo n’est pas toujours pratique.

Avec la Graflex en forêt. La zone de netteté a été faite sur le bout du chemin.

Avec l’objectif Canon TS 35mm, je peux obtenir des effets, d’accord moins d’effets quand même qu’avec la chambre, mais de manière plus confortable et rapide. D’autant plus que j’utilise cet objectif sur un numérique !
Forcément, vu son âge, ce Canon 35mm TS est destiné aux appareils argentiques de la marque. Je l’ai donc d’abord utilisé avec mon Canon AE-1. Mais, j’ai complètement raté le développement de ma pellicule, vous ne verrez pas de résultats argentiques dans cet article. J’ai acheté une bague d’adaptation pour mon Lumix GX80 et depuis 3 semaines, cet objectif Canon ne quitte pas mon numérique.
Cet objectif spécial nécessite aussi un petit apprentissage et c’est sans doute salutaire de le faire en numérique.

En forêt avec mon Lumix GX80 et le Canon 35mm TS 2.8. Comme avec la Graflex, on peut orienter le regard sur le chemin.

Le prix de la rareté

Les bons objectifs valent cher… Les bons objectifs rares valent encore plus cher. Mais, je m’en sors correctement avec ce Canon. En effet, les objectifs tilt shift numériques sont hors de prix. Et on trouve rarement des « vieux » Canon 35mm TS. Je l’ai pisté pendant longtemps sur les sites d’occasion. Il y avait de rares exemplaires entre 700€ et 800€, hors budget pour moi. Mais, finalement, j’ai trouvé une annonce à 350€ ! Certes, il a des marques d’usure, la peinture a du vécu mais ça ne change rien à ses capacités. Surtout, le plaisir de l’utiliser et les résultats qui me satisfont, rentabilisent l’investissement. Maintenant, il faut que j’accepte de ne pas toujours l’utiliser !

Les premiers résultats

Cliquez sur une image pour l’agrandir et lancer le diaporama. Vous verrez mieux les possibilités offertes par l’objectif (et peut-être aussi un peu de réussite du photographe 🙂 )

On me souffle qu’on peut faire ça avec des paramètres prédéfinis par un appareil numérique ou avec un logiciel. Mais, faire de la photo, c’est faire ses choix et ses réglages à la conception. Ici, la mise au point, le cadrage ne sont pas modifiés ou filtrés en post production, tout est décidé au moment du déclenchement. C’est le plaisir de faire !

Je ne sais pas si cet article vous a donné envie de passer au tilt shift mais si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à m’écrire

Canon TS 35mm 2.8
CCédric Écrit par :