J’aurais pu simplement écrire : « Lomography a inventé le dos Lomograflok ! » et enchaîner sur un petit compte rendu d’utilisation.
Mais avant d’en arriver là — et surtout si vous n’avez rien compris à ce titre — je vais tenter d’expliquer quelques termes : Lomography, Graflex, Polaroid et Fujifilm.
Et tout ça, je l’espère, sans migraine.
Lomography
Au commencement était Lomography… enfin Lomo.
Je vous résume l’histoire de la marque, mais elle est très bien racontée ailleurs.
Lomography a repris le concept et certains appareils de la marque soviétique Lomo. Ces appareils n’avaient pas très bonne réputation, non pas à cause de leur origine, mais à cause de leur qualité de fabrication approximative.
Plastique, fuites de lumière, défauts optiques… tout ce qui était censé être un problème est devenu un style, puis une mode, et enfin une véritable adoration vintage.
Aujourd’hui, Lomography est basée à Vienne et produit des pellicules argentiques et des appareils toujours très plastoc, mais à un prix nettement moins soviétique.
Quoi qu’il en soit, Lomography se bat activement pour faire vivre l’argentique, et leur site regorge d’articles passionnants.

Ma première Graflex : une Super Graphic

J’ai déjà parlé de ma Graflex Super Graphic dans un article sur mes appareils favoris.
Elle a été fabriquée des années 50 aux années 70. Les mouvements du soufflet sont la grande force de ce type de chambre photographique, permettant des effets impossibles avec des appareils plus modernes.
Ce qui m’intéresse particulièrement, ce sont les multiples formats de films qu’elle accepte :
Polaroid, pellicule 120, plan-film 4×5…
Le système de fixation à l’arrière permet de changer de dos, c’est-à-dire le « réservoir » qui contient le film. C’est un peu comme si l’on pouvait ouvrir un appareil numérique et changer le capteur.
Une Graflex n’est jamais prise au dépourvu !

Sur une Graflex, l’image vue sur le dépoli est inversée.
Selon l’épaisseur du dos utilisé, on pourra soit le glisser sous le dépoli, soit devoir l’enlever complètement pour fixer le dos.
Les différents dos
À gauche, un dos pour pellicule 120.
Au centre, le châssis standard pour plan-film 4×5.
À droite, un dos pour Polaroid pack 100.

Graflex et Lomograflok
Ici, le dos Lomograflok est fixé à la place du dépoli.
Si vous avez suivi jusque-là, vous avez tout compris au changement de dos sur une Graflex.
Passons maintenant au film.

La fin du pack 100
Quand on pense Polaroid, on pense immédiatement à ce carré iconique.

Mais avant ce carré, il y avait ce rectangle.

Polaroid produisait des films rectangulaires pour les appareils dits pack 100.
On tirait manuellement le film, on attendait une minute, puis on séparait le négatif du positif pour découvrir sa photo.
Lorsque Polaroid s’est effondré, Fujifilm a continué à produire ces films… jusqu’en 2016, date à laquelle Fuji a également arrêté.
Les appareils pack 100 ont alors été condamnés à la décoration ou à des reconversions complexes.
Et le Lomograflok apparaît…
Certaines chambres photographiques comme la Graflex peuvent utiliser différents films grâce à différents dos.
Mais avec la disparition du pack 100, faire de l’instantané en chambre devenait cher et compliqué.
Il n’existait :
- ni de dos pour le format carré Polaroid,
- ni de dos pour le film Instax.
En 2020, à ma grande surprise, Lomography lance une campagne de financement pour produire un dos Graflok, du nom du système de fixation à l’arrière de certaines chambres… comme ma Graflex.

Ce dos permet d’utiliser du film Instax Wide.
Il coûtait environ 100 € (170€ en 2026…) soit beaucoup moins que les solutions artisanales ou conversions lourdes existantes.
Le pari est étonnant : le monde des utilisateurs de chambres 4×5 est minuscule. Il y a toi, arrivé jusqu’ici, moi, et deux ou trois photographes égaré·es 😉

Le Lomograflok à l’usage

Le Lomograflok comprend :
- le dos lui-même,
- un gabarit indispensable pour cadrer correctement et respecter la distance de mise au point.
La finition est robuste et l’ajustement sur la chambre est parfait.
L’éjection du film est motorisée (donc à piles) et la sortie de la photo produit toujours son petit effet pour le modèle et le photographe !
Le film Instax se développe rapidement et à la lumière, ce qui renforce la magie de l’instantané.
On retrouve l’émerveillement — et l’appréhension — de voir la photo apparaître.

Des défauts ?
Il faut vraiment chercher la microscopique bête. Il y a plutôt deux contraintes :
L’épaisseur du dos
Il faut enlever le dépoli pour le fixer, ce qui prend un peu de temps et de patience.
La sensibilité du film Instax
Officiellement donné pour 800 ISO, il vaut mieux l’adapter :
- 400 ISO en intérieur
- 600 ISO en extérieur lumineux
- 800 ISO en plein soleil
À 800 ISO en intérieur, le résultat sera souvent trop sombre.
Petit détail agaçant au début : le bouton power s’insère dans le dark slide. Il faut que les deux soient bien alignés pour éteindre le dos.
Conclusion
Le Lomograflok n’a pas de véritables défauts, est agréable à utiliser, réduit le coût de l’instantané en chambre et surtout… produit de très bons résultats.
Des exemples en image






Vous pouvez également retrouver l’ensemble de mes photos dans les pages Numérique, Polaroid et Argentique.
Enfin, n’hésitez pas à me contacter si une image vous intéresse ou pour toute question !